A Mombeya, les paysans créent une fédération de producteurs

Étiquettes
5 octobre 2015

A Mombeya, les paysans créent une fédération de producteurs

En septembre dernier, j’étais en voyage dans la région du Fouta Djallon au centre de la Guinée. A Mombeya, j’ai trouvé des paysans qui ont décidé de s’organiser afin de mutualiser leurs forces et ainsi augmenter leur productivité.

Mombeya est l’une des dix sous-préfectures de Dalaba. Elle possède d’énormes potentialités agricoles avec environ 2 500 hectares de plaine et de bas-fonds. Située à 35 kilomètres de la ville de Labé, elle a profité de cette proximité pour développer l’un des plus grands marchés hebdomadaires de la zone : le marché de Galy.

Ce marché est connu pour l’abondance des produits agricoles comme la tomate, l’oignon, la carotte, la banane, etc., mais aussi des produits de l’élevage et de l’artisanat.

Ndiola moussou et produteurs negocient le prix des tomates au marché de Galy
Ndioula moussou et producteurs négocient le prix des tomates au marché de Galy

Ainsi, chaque semaine, les femmes commerçantes appelées communément « Ndioula moussou » viennent avec une dizaine de camions, négocier ces produits avec les producteurs afin de les transporter soit à Conakry soit à Diawbhé au Sénégal via Labé où elles vont les revendre quatre à cinq fois plus cher. Ce sont donc ces commerçantes qui font la meilleure affaire en profitant de l’ignorance des paysans. Il n’est pas rare de voir ces femmes créer une situation de «  l’offre supérieure à la demande »afin d’obliger les paysans à bazarder leurs produits devant le risque de pourrissement. Mais depuis quelques années, la donne commence à changer.

 

 

Les paysans s’organisent

Pour augmenter leur productivité et bien négocier leurs produits, les paysans de Mombeya ont décidé de s’organiser. Ils ont ainsi créé une coopérative de paysans : la coopérative agricole de Kouma Pily devenue plus tard la fédération des producteurs et protecteurs de l’environnement du Fouta.

Des femmes membres de la fédération entrain d'arroser
Des femmes membres de la fédération en train d’arroser

Composée de quatre-vingts groupements répartis en six unions de producteurs, elle intervient dans les domaines de l’agriculture (cultures vivrières, maraîchères et fruitières), de la protection de l’environnement et de l’élevage en participant à:

  • La formation des membres des groupements
  • La recherche des intrants agricoles
  • La recherche de financement au niveau des institutions nationales et internationales
  • La création des activités génératrices de revenus.

Les six unions sont les suivantes :

  1. L’union des producteurs de l’environnement, composée de 344 membres dont 71 hommes et 273 femmes ;
  2. L’union des maraîchers, composée de 495 membres, dont 95 hommes et 400 femmes ;
  3. L’union des producteurs des cultures vivrières composée de 347 membres, dont 72 hommes et 275 femmes ;
  4. L’union des producteurs de haricot, composée de 328 membres, dont 61 hommes et 264 femmes ;
  5. L’union des producteurs de café, composée de 403 membres, dont 98 hommes et 305 femmes ;
  6. L’union des éleveurs, composée de 105 membres, dont 36 hommes et 69 femmes.

Ainsi donc la fédération est composée au total de 2 022 membres, dont 436 hommes et 1 586 femmes.

Selon Mamadou Alpha Galy, ingénieur agronome à la retraite et président de la fédération, leur principal partenaire est le Programme alimentaire mondial (PAM). Cet organisme des Nations unies assiste presque chaque année les membres de la fédération en leur octroyant des denrées lors de la période de soudure (juillet-août). Elle a aussi joué un rôle important dans l’installation des cantines scolaires dans les écoles primaires : le PAM fournissant le riz et la fédération fournit les condiments.

C’est aussi le PAM qui a appuyé la fédération dans la réalisation de près de 100 hectares de forêts communautaires.

L’autre partenaire de la fédération est l’ambassade des Etats-Unis. Elle a notamment financé la rénovation d’une école primaire de trois classes et la construction d’un centre de santé.

La fédération vient aussi de déposer des demandes de partenariat auprès des ministères de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Environnement.

Résultat : les paysans sont mieux organisés. ils ne se font plus rouler par les « Ndioula moussou », et prévoient même d’envoyer leurs produits à Conakry ou Diawbhe pour gagner plus d’argent.

La fédération des producteurs et protecteurs de l’environnement du Fouta a reboisé près de 100 hectares et possède actuellement une pépinière d’environ 18 000 plants d’orangers.

Elle vient de terminer la clôture par grillage de quatre bas-fonds pour une superficie totale de 190  hectares ainsi que l’installation de deux forages par bas-fond pour l’arrosage pendant la saison sèche. Ce projet a été  financé par le Programme de gestion communautaire des terres (PGCT).

Enfin, la fédération vient de construire une bergerie communautaire également financée par le PGCT.

La fédération sollicite les autorités compétentes nationales et internationales pour appuyer leur avenir en pérennisant des acquis d’une part. D’autre part, elle continuer à mener ses activités pour le développement des communautés afin de réduire la pauvreté et l’exode rural.

A bientôt !!!!!!!!!

Partagez

Commentaires

aladji saidou mombeya
Répondre

Des federations comme celle-ci, nos villages en ont besoin davantage pour vaincre la pauvrete en ameliorant les conditions de vie du bas peuple. Mais pour cela, il faut une reelle volonte politique pour encourager les initiatives.

Souleymane Diallo
Répondre

Mombeya on est fière de vous
Que Dieu nous aident