Les Guinéens ont « choisi » leur président

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19 octobre 2015

Les Guinéens ont « choisi » leur président

Image de la CENI

Le 11 octobre 2015, les Guinéens étaient appelés à choisir celui qui présidera les destinées du pays pour les cinq prochaines années. Conformément à l’article 27 de la Constitution : « Le président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans renouvelables une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non. »

Le président Alpha Condé, était opposé à sept autres candidats, dont le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo (candidat malheureux au second tour de 2010).

Après un mois de campagne, émaillée de quelques violences à relents communautaires, des morts et beaucoup de dégâts matériels, notamment des boutiques et magasins pillés et incendiés devant les forces de l’ordre spectateurs, les Guinéens se sont massivement déplacés ce dimanche pour s’acquitter de leur devoir civique. Le verdict est tombé samedi : 57,85% des Guinéens ont « choisi » Alpha Condé dès le premier tour. Oui, je mets « choisi » entre guillemets. Je m’explique.

En 2010, il a fallu un deuxième tour pour départager Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo qui avaient respectivement récolté 18% et 43% au premier tour. Alpha Condé s’était donc imposé au second tour avec 52% des voix. Score serré et… extraordinaire.

Cette fois, il gagne au premier tour avec 57,85% !!!!!

Certes il a un bilan, notamment le barrage hydro-électrique de Kaleta. Certes, il est soutenu par une grande alliance de partis politiques. Mais de là, à gagner dès le premier tour, je n’en suis pas si sûr. Je suis même surpris. Je dirais même qu’il s’agit là d’un complot international. Il est évident qu’Alpha Condé a été imposé par la communauté internationale. Ils ne l’ont pas caché, c’était flagrant. Alpha Condé était leur candidat.

Il suffit de regarder les rapports de leurs missions d’observation, rendus publics avant même la publication des résultats.

L’Union européenne : «  Ce que j’ai vu en termes d’insuffisance (de matériels de vote), de manque de préparation et de difficultés logistiques et pratiques, dans les bureaux de vote ne remet pas en cause la validité de l’élection. »

L’Union africaine : « Le vote en dépit des irrégularités constatées est valide. »

L’ambassadeur de France à Cellou Dalein qui promet d’appeler ses militants à  manifester pacifiquement pour contester les résultats qui seront publiés par la Commission électorale nationale indépendante : « Si vous appelez les gens à descendre dans la rue, prenez vos responsabilités pour tout ce qui adviendra  »

Pourtant l’opposition n’a jamais cessé de dénoncer des irrégularités

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On se rappelle qu’elle avait exigé l’organisation des élections communales et communautaires avant la présidentielle. Quoi de plus normal. Les dernières remontent à 2001, soit 14 ans ! Le pouvoir refuse. Pire, il met en place des délégations spéciales. L’opposition dénonce, manifeste, la communauté internationale intervient, un accord est signé afin de recomposer les délégations spéciales avant le début de la distribution des cartes d’électeurs. La communauté internationale se porte garant du respect de l’accord. Jusqu’à présent le pouvoir en place refuse d’appliquer l’accord, la communauté internationale n’a rien dit.

Ensuite l’opposition accuse la Céni d’avoir enrôlé des mineurs et des doublons dans le fichier électoral notamment dans les fiefs du pouvoir (où la population électorale a connu une hausse de 50% entre 2013 et 2015). Le climat politique se tend. Une fois encore, un accord est signé pour assainir le fichier électoral. Mais au moment où les experts travaillent sur la Guinée forestière, la Céni commence à imprimer les cartes de la Haute-Guinée (la région incriminée). L’opposition dénonce mais personne ne les écoute. Finalement, l’assainissement devient impossible. L’opération est arrêtée. La Céni quant à elle affirme que l’assainissement est terminé. La communauté internationale ne dit rien.

La distribution des cartes d’électeur commence en Haute-Guinée (fief du pouvoir) une semaine avant le 23 septembre (date officielle), tandis qu’elle ne débute qu’à dix jours voire une semaine de l’élection dans les autres régions. Les délégations spéciales confisquent les cartes de certains citoyens. C’est ce qui explique notamment le faible de taux de participation dans certaines régions : 58,90% à Boké; 62,66% à Conakry contre 88,21% pour la région de Kankan.

La Céni refuse même d’envoyer les cartes d’électeur des Guinéens vivant en Angola, Guinée-Bissau et Sierra Leone. La Communauté internationale est au courant de ça, personne n’en a parlé dans son rapport.

Les Guinéens ont compris qu’on les a trompés

Le jour du scrutin, certains bureaux de vote n’ont ouvert qu’à 11 heures, d’autres n’avaient pas de liste d’émargement, certains ont voté dans un vieux bus, d’autres dans une station-service. Les délégués de l’opposition ont été chassés en Haute-Guinée.

A N’Zérékoré, le total des suffrages obtenus par les candidats (157 232) est supérieur au nombre de suffrages valablement exprimés (151 467). La Céni parle d’erreur d’addition.

Voilà pourquoi il n y a eu aucune manifestation (de joie ou de colère) après la publication des résultats. Les Guinéens ont compris qu’on les a trompés. On leur a fait croire qu’ils allaient choisir leur président le 11 octobre. En réalité, la communauté internationale avait décidé que le professeur Alpha Condé serait le président pour les cinq prochaines années. En échange de quoi ???????? L’avenir nous édifiera.

En définitive, le seul point positif de cette élection est que le Guinéen connaît désormais le vrai visage de la Communauté internationale. Il sait désormais que la démocratie pour les pays africains est « le choix de la communauté internationale, par la communauté internationale et pour la communauté internationale. »

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Commentaires

Barry Mamadou Moustapha
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verry good bro god look

bolaaro
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Merci frero